Quand on se rend à Samatan, au marché du lundi matin, on peut être sûr d'une chose : quel que soit le temps, il y aura du monde. Ce matin, il
pleut. Comme si le ciel avait voulu s'associer à la tristesse des samatanais après la disparition de Jean-Claude Brialy, dont l’attachement à Samatan était légendaire.
Mon ami Réné Daubriac est là, accompagné de ses adjoints, pour un long tour du marché. Pour l’avoir souvent arpenté, je connais presque chaque commerçant, des fidèles pour
la plupart. Beaucoup ont passé l'âge de la retraite et ils ont souvent commencé à travailler dès l'âge de 14 ans. Cette France là se « lève
tôt » depuis bien longtemps et on voit difficilement comment elle pourrait « travailler plus pour gagner plus » . Beaucoup ont
même le sentiment ces dernières années de « travailler plus pour gagner moins », tant leur pouvoir d’achat a fondu au gré des mesures prises par les gouvernements de
droite : déremboursement des médicaments, forfait hospitalier, explosion non maîtrisée du prix du gaz et du carburant. Nombreux sont les retraités agricoles qui me disent leur
inquiétude à l’annonce des premières mesures du Gouvernement Fillon. Ils savent qu’ils ne seront concernés, ni par l'exonération des droits de
succession, ni par les heures supplémentaires, ni par le « bouclier fiscal ». En revanche, ils ont compris que la franchise médicale les touchera de plein fouet. « On ira
moins chez le médecin, on attendra jusqu’au dernier moment et finalement ça coûtera plus cher à la sécu ! »…paroles de petits retraités…
Il est déjà midi, l’heure de la saucisse grillée et des frites au « Café des sports ». C’est là qu’ont grandi tous les joueurs de rugby qui ont fait les beaux jours du Lombez-Samatan Club. Un après-midi de travail nous attend. J'ai tenu en effet à ce que cette visite dans la capitale gersoise (et donc « mondiale » !) du foie gras, soit l'occasion d'une rencontre avec les acteurs de la filière, afin d’évoquer le Pôle d'Excellence Rurale " Palmipôle" que René Daubriac et moi-même avions lancé en novembre 2005. Le projet a fait son chemin depuis et fait même partie des 5 PER labellisés par l’Etat (dont je note au passage que quatre sont dans la 1ère circonscription).
Dès 14h, producteurs, artisans conserveurs et entreprises du secteur ont répondu à notre invitation.
Il y a là Philippe Baron, Président National des producteurs de foie gras et Maire de Louberssan, Daniel Gesta, venu en sa qualité de producteur (nous avons mis « l’autre campagne » entre parenthèses…). Ils sont les premiers à dresser un état des lieux de la profession. D’autres producteurs évoqueront les contraintes toujours plus fortes qui pèsent sur leur métier en matière d'hygiène, les menaces récurrentes de certains pays européens contre le foie gras ou le gavage... Ces échanges, pour techniques qu’ils soient, me confirment une chose essentielle : nous ne nous étions pas trompé en pensant qu’un « Palmipôle » pouvait être l’occasion de conforter et d’unir la filière gras, lui donnant même un élan nouveau et des perspectives de développement.
Une campagne électorale, ce n’est pas mettre systématiquement en exergue ce qui oppose ou ce qui divise. A l’image du « Palmipôle » c’est aussi réfléchir à ce qui rassemble, surtout quand l’avenir du Gers est en jeu. Chaque fois que je le pourrais, je ferai prévaloir cet esprit d’équipe qui aura été la clé de tous les succès que nous avons remporté dans cette circonscription au cours des 5 dernières années : les Pôles d’Excellence Rurale, les financements de la bretelle de Barcelonne du Gers, ou bien encore l’ouverture d’un 3ème département à l’IUT d’Auch.